Bzzzz, bzzzz…

ob_42f027_aedes-aegypti.jpg

L’Aedes aegypti est une espèce de moustique qui est le vecteur principal de la dengue, du virus Zika, du chikungunya et de la fièvre jaune. ©France moustiques

Depuis quelques années, une entreprise anglaise « produit » des moustiques mâles génétiquement modifiés capables d’éradiquer leurs congénères vecteurs de virus mortels pour l’homme (zika, dengue, paludisme, chikungunya…). Le principe est relativement simple : une fois dans la nature, addicts au sexe, ces mutants vont se livrer à de véritables orgies avec les femelles de leur espèce qui donneront naissance à des millions de larves porteuses du gène modifié. Celui-ci les tuera rapidement avant qu’elles n’aient le temps de se reproduire à leur tour. A chaque génération, la population de moustiques va donc diminuer. Quant aux mâles transgéniques, ils sont « programmés » pour rendre l’âme juste après les accouplements.

60 millions de larves par semaine ! A ce jour, plusieurs « lâchers » de ces moustiques d’un nouveau genre se sont avérés concluants comme sur les iles Caïman où l’on a pu observer moins de piqures et donc moins d’utilisation d’insecticides. Idem au Brésil, là où la société Oxitec (la fameuse compagnie anglaise) s’est lancée dans cette production industrielle, plus précisément à Piracicaba, où des légions de moustiques mâles génétiquement modifiés sont produites à la cadence vertigineuse de 60 millions de larves par semaine ! Une fois lâchés dans la nature, ils n’ont de cesse de se livrer à de frénétiques orgies sexuelles avec les femelles ordinaires de leur espèce (Aedes aegypti).

Des risques à évaluer. Pour mémoire, le Brésil a été à l’épicentre d’une épidémie de virus zika qui a affecté 1,5 million de personnes, provoqué de nombreuses naissances de bébés microcéphales et s’est ensuite répandu dans le reste de l’Amérique latine. Quant à la dengue, si elle fait moins parler d’elle, elle a pourtant touché 1,36 million de Brésiliens entre janvier et juillet (elle provoque de fortes fièvres et douleurs musculaires et peut s’avérer mortelle dans sa version hémorragique). Certains chercheurs s’inquiètent néanmoins de l’impact que peuvent avoir de telles manipulations dans l’avenir , tant sur l’écosystème de cette espèce de moustiques que sur la transmission de gênes modifiés vers d’autres insectes ou animaux dont on ne connaît pas, à ce jour, les éventuelles conséquences. L’utilisation de ces moustiques transgénique pose également le problème de la dépendance des utilisateurs vis à vis des producteurs, comme on l’a vu ailleurs avec certaines firmes comme Monsanto. De plus, en limitant le nombre de moustiques d’une seule espèce, le risque de favoriser le développement d’autres moustiques comme le moustique tigre représente un risque non négligeable.

Le plus grand serial killer de la planète. Le souvenir du DDT, célèbre insecticide qui avait été utilisé par le passé pour tenter de combattre les moustiques, est encore bien présent dans les esprits, ses résultats ayant souvent laissé une trace indélébile, mais plutôt dans les sols et sur la flore ! D’où l’extrême prudence qu’il y a à jouer les apprentis sorciers… L’une des premières solutions serait peut être de développer la production de moustiquaires dans certains pays d’Afrique, sachant que le changement climatique ne va pas arranger les choses. Car même si la vie d’un moustique est courte, la migration de ses populations vers des contrées plus favorables à leur épanouissement pourrait bien pourrait bien les conduire vers des pays qui ne connaissent pas ce type d’insecte particulièrement… « piquant » ! Sans oublier la possibilité que le moustique puisse être porteur d’autres maladies, encore inconnues, ce qui préoccupe évidemment les populations actuellement touchées par ce diptère pas très sympathique et qui espèrent la découverte d’une solution adéquate et équilibrée pour l’environnement. Car il ne faudrait pas oublier que le moustique est le plus grand serial killer vivant sur la planète avec, à son actif, plus d’un million de morts chaque année. JP.Z

Cet article, publié dans Non classé, est tagué , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s