Les oiseaux aussi battent de l’aile

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L’alouette des champs, l’un des plus grands mélomanes au monde (un registre de 600 notes, contre 2 au coucou), a perdu 30 % de ses effectifs en 15 ans (crédit photo : Dominique Marques, oiseaux.net).

La nouvelle est tombée, catastrophique, le 20 mars : « les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en 15 ans » d’après le communiqué de presse commun, et flippant, du Muséum national d’Histoire naturelle et du CNRS. Aujourd’hui, tout le monde ou presque le sait, puisque les médias écrits nationaux, les télévisions et autres réseaux sociaux s’en sont fait l’écho. Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, a fort justement poussé un coup de gueule à l’Assemblée nationale : « moi ça ne me provoque pas de la peine, pas de la colère, [mais] de la honte, de la honte de savoir que, derrière la sixième extinction, la biodiversité, la responsabilité, c’est nous ».

Une menace généralisée. En plus d’être responsables, nous sommes tous concernés. Frédéric Jiguet, professeur du Muséum national d’histoire naturelle expliquait récemment au Monde : « que les oiseaux se portent mal indique que c’est l’ensemble de la chaîne trophique [chaîne alimentaire] qui se porte mal. Et cela inclut la microfaune des sols, c’est-à-dire ce qui les rend vivants et permet les activités agricoles. » Lesquelles activités agricoles ont connu une intensification importante au cours de ces dernières années, particulièrement depuis 2008-2009 : fin des jachères imposées par la politique agricole commune, flambée des cours du blé, généralisation des néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques très persistants… Depuis, les oiseaux disparaissent… D’aucuns y voient une étrange corrélation… Pour autant, le problème ce n’est pas l’agriculteur qui n’est qu’un maillon de la chaine. Le problème comme le résume Frédéric Jiguet, c’est « le modèle agricole ». Donc nous tous.

L’affaire de tous. Maintenant que cela est dit, crié, que fait-on ? Accorder toute l’attention qu’il mérite au prochain plan biodiversité que va présenter Nicolas Hulot, lequel regrettait, il y a peu, que « tout le monde s’en fiche », sauf quelques uns. On attend donc des décideurs politiques de tous ordres, face à ces drames présents et futurs, qu’ils produisent – et vite – des lois efficaces qui seront appliquées, qu’ils édictent des mesures obligatoires. On attend des électeurs qu’ils fassent en sorte que ces décisions soient prises. Qu’ils se bougent, ça fait aussi partie de la solution.

Une pression sans relâche. Pour s’en persuader, rappelons-nous de la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature. D’abord, elle a eu des effets bénéfiques, comme le disent les spécialistes, dont le retour d’espèces en voie de disparition. Mais c’est aussi une loi qu’il a fallu gagner explique France Nature Environnement sur son site : « durant des semaines, les associations vont faire le siège des responsables politiques et des parlementaires appelés à voter enfin un texte. Votée à l’unanimité en juin 1976, la loi relative à la protection de la nature est finalement promulguée le 10 juillet 1976. C’est une véritable révolution législative… ». Dont acte, la vie mérite bien ça. G.RDV

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