Bretagne. La « peste verte » est de retour !

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Près de 60 communes de la côte bretonne sont actuellement concernées par la prolifération des algues vertes.
© http://tpealguesvertesdebretagne.e-monsite.com

Qu’on ne s’y trompe pas ! Tout ce qui est vert n’est pas forcément souhaitable… Pour preuve, ces nouvelles marées vertes hautement dangereuses qui sévissent actuellement sur le département des Côtes d’Armor, autour de Saint-Brieuc, et risquent de s’étendre sur une bonne partie du littoral de la Bretagne nord. Alors que l’on pensait les tristes épisodes de la fin des années 1900 et du début des années 2000 rangés au rayon des mauvais souvenirs, voilà qu’elle fait à nouveau parler d’elle…

Des vasières fatales. Chaque année, depuis pratiquement un demi siècle, près de 100 000 tonnes d’algues vertes recouvrent les rivages de la Bretagne nord, la moitié seulement étant ramassée provoquant une cascade de nuisances. Au-delà des dommages économiques qu’elles causent aux collectivités locales concernées pour lesquelles le tourisme reste la principale source de revenu, c’est son caractère hautement toxique et les risques qu’elles font porter à la santé publique qui s’avèrent préoccupants. Un simple rappel suffira pour s’en convaincre. C’était en juillet 2009. Sur la plage de Saint-Michel-en-Grève, un cavalier, vétérinaire de profession, alors en promenade, raconte : « Après avoir mis pied à terre, je m’enfonce tout d’un coup dans une vasière restée invisible, et ce jusqu’aux genoux. Idem pour mon cheval qui met les antérieurs dans la vase » raconte-t-il. En quelques instants, sa monture fait un arrêt respiratoire et meurt. « A partir de là, je vous garantis que ce fut le rideau noir. Je n’ai plus aucun souvenir de comment ils s’y sont pris pour me sortir de là, me ranimer et me mettre dans une ambulance » précise-t-il ensuite. Plus grave, dix années plus tôt, en juin 1989, un joggeur de 26 ans se trouve pris au piège. Son corps ne sera retrouvé que 3 jours plus tard, enfoui sous un amas d’algues vertes qui se sont refermées sur lui comme un linceul. En septembre 2016, c’est au tour d’un autre joggeur de 50 ans de périr ainsi, sans compter les 36 sangliers que l’on a retrouvés sans vie en 2011 sur une zone en proie au fléau.

59 communes concernées. Une triste litanie que l’on croyait achevée une bonne fois pour toute après la mise en place d’un plan de lutte contre l’invasive, lancé en 2010. Las ! Après quelques résultats « à peu près encourageants », la « peste verte » revient, avec une virulence accrue. Suite à un inventaire réalisé au début du mois, la préfecture des Côtes d’Armor déclare 59 communes concernées par la prolifération des vasières et des zones à risque. La seule collectivité d’Hillion, dans la baie de Saint-Brieuc, vient de fermer 4 de ses 6 plages ! L’affaire fait grand bruit à tel point qu’un nouveau plan de lutte, courant jusqu’en 2021, vient d’être lancé pour 55,5 millions d’euros. Les pouvoirs publics auraient-ils soudainement pris conscience du problème ? Rappelons que l’autopsie du cheval et l’examen du cavalier ne se sont pas déroulés sans mal, se heurtant pendant de nombreuses semaines à un véritable mur de non retour

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Seule la moitié des algues vertes est ramassée chaque année sur le littoral breton.
© www.aquaportail.com

Des vérités qui dérangent. A l’origine de ces drames : les taux de sulfure d’hydrogène (H2S) dégagés par les algues vertes. Mesurés l’an dernier, ils sont supérieurs à 1000 ppm (partie par million), soit deux à trois fois plus que le taux mortel pour un humain ! Une véritable « bombe atomique » d’après le site de France Info (10/06/2016) qui explique, sous la plume dInès Léraud : « l’origine de ces algues est parfaitement connue. Les chercheurs de l’IFREMER l’ont clairement identifiée : c’est la conséquence de la pollution des eaux par l’agriculture intensive, et ses rejets de nitrates. Mais des lobbies sont à la manœuvre et travaillent avec des experts qui, eux, continuent de distiller le doute (…). En clair : demander aux agriculteurs à la fois de la viande pas chère et des plages propres, c’est exiger de leur part l’impossible ! ». Et notre santé dans tout ça ????? Cherchez l’erreur ! E.B.

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