Ocean’s éboueurs

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Un chasseur de détritus nettoie les océans. © Yvan Bourgnon

Le mariage d’une moissonneuse-batteuse et d’un chasse neige, le tout en pleine mer ! Tels sont – à peu près – les mots de l’équipe du navigateur Yvan Bourgnon, pour décrire le mécanisme selon lequel elle compte collecter les tonnes de déchets plastiques que l’on trouve sur et sous la surface des eaux. Nom de code du projet : Manta, solution « Sea Cleaners ». Plus concrètement, il s’agit d’un voilier de type « quadrimaran » (quatre flotteurs, deux mâts de 50 m de hauteur), du nom de Manta. Son principe de fonctionnement est simple : il ratisse les océans, récupère les déchets, les ramène au port et les confie aux industriels pour recyclage.

Taillé pour la chasse. Côté équipement, ça ne plaisante pas ! Le bateau est équipé à l’arrière d’une herse relevable, de 72 m de large qu’il traîne afin de prélever les déchets flottants (jusqu’à 1,5 m de profondeur). Il dispose d’une capacité de stockage de 600 m3. La mission est claire : ramasser, à chaque intervention, 100 tonnes de détritus puis revenir à terre. A bord : 12 personnes à la manœuvre, sans compter la présence de scientifiques et d’éventuels invités. En mode « éboueur », le bateau file à 1,5 nœuds (2,8 km/h), histoire de ne pas capturer de poissons, ce qui serait un comble ! Un dispositif sonore spécial est d’ailleurs prévu pour éloigner la faune. En déplacement, entre deux zones polluées par exemple, il peut atteindre 15 nœuds. Bref, un beau prédateur de 60 mètres de long et 49 de large « pour un budget global de 15 à 20 millions d’euros » estime le navigateur. Quelque 150 000 euros ont été collectés (à fin 2016) via une campagne de crowdfunding sur Kiss Kiss Bank Bank.

Le navire et son message. Face au futur et fier esquif, c’est comme un tsunami qui s’est levé depuis plusieurs années déjà : selon Yvan Bourgnon, entre 8 et 10 millions de tonnes de plastiques sont déversées dans les océans chaque année… Avec comme résultat final ces agglutinements gigantesques de déchets, dont le premier fut découvert en 1997 dans le Pacifique (il en existe aussi ailleurs). D’aucuns estiment qu’ils forment un « septième continent, tout en plastique ! En réalité, le phénomène est un peu plus complexe (plutôt de l’ordre de la « soupe ») et – si tant est que ce soit possible – plus inquiétant. Bien sûr, à lui seul Manta ne pourra résoudre le problème, mais il y prendra « sa part », en écho au colibri luttant à coup de gouttes d’eau contre l’incendie et que les autres animaux terrorisés prennent pour un fou. En souhaitant aussi que la mobilisation devienne générale. L’opération Sea Cleaners est donc également destinée à sensibiliser les populations à cet enjeu essentiel. Elle est duplicable, autre intérêt, ce qui augmentera les « moissons ». Question budget, le calcul tient la route puisque, toujours selon Yvan Bourgnon, en 2015, la Guadeloupe a par exemple dépensé 11 millions d’euros pour nettoyer ses plages, pratiquement le prix du bateau ! Arguments de poids s’il en est, qui fait de Manta tout sauf… une goutte d’eau dans l’océan ! G. R d V

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